par Mys le
vendredi 4 mai 2012 10:40
Rosées
Je rêve, et la pâle rosée
Dans les plaines perle sans bruit,
Sur le duvet des fleurs posée
Par la main fraîche de la nuit.
D'où viennent ces tremblantes gouttes ?
Il ne pleut pas, le temps est clair ;
C'est qu'avant de se former, toutes,
Elles étaient déjà dans l'air.
D'où viennent mes pleurs ? Toute flamme,
Ce soir, est douce au fond des cieux ;
C'est que je les avais dans l'âme
Avant de les sentir aux yeux.
On a dans l'âme une tendresse
Où tremblent toutes les douleurs,
Et c'est parfois une caresse
Qui trouble, et fait germer les pleurs
René-François Sully Prudhomme

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par Mys le
mardi 17 avril 2012 11:49
J'aime ces doux oiseaux...

J'aime ces doux oiseaux, qui promènent dans l'air
Leur vie et leur amour, et plus prompts que l'éclair,
Qui s'envolent ensemble !
J'aime la fleur des champs, que l'on cueille au matin,
Et que le soir, au bal, on pose sur son sein
Qui d'enivrement tremble !
J'aime les tourbillons des danses, des plaisirs,
Les fêtes, la toilette, et les tendres désirs
Qui s'éveillent dans l'âme !
J'aime l'ange gardien qui dirige mes pas,
Qui me presse la main, et me donne tout bas
Pour les maux un dictame !
J'aime du triste saule, au soir muet du jour,
La tête chaude encor, pleine d'ombre et d'amour,
Qui se penche et qui pense !
J'aime la main de Dieu, laissant sur notre cœur
Tomber en souriant cette amoureuse fleur
Qu'on nomme l'espérance !
J'aime le doux orchestre, en larmes, gémissant
Qui verse sur mon âme un langoureux accent,
Une triste harmonie !
J'aime seule écouter le langage des cieux
Qui parlent à la terre, et l'emplissent de feux
De soleil et de vie.
J'aime aux bords de la mer, regardant le ciel bleu,
Qui renferme en son sein la puissance de Dieu,
M'asseoir toute pensive !
J'aime à suivre parfois en des rêves dorés
Mon âme qui va perdre en des flots azurés
Sa pensée inactive !
J'aime l'effort secret du cœur, qui doucement
S'agite, la pensée au doux tressaillement,
Que l'on sent en soi-même !
Mieux que l'arbre, l'oiseau, la fleur qui plaît aux yeux,
Le saule tout en pleurs, l'espérance des Cieux...
J'aime celui qui m'aime.
Jules Verne
J'aime tout cela et tellement d'autres choses...
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par Mys le
jeudi 22 mars 2012 12:14
Retrouver la Passion
Revivre la Folie
Étincelles du Cœur
Enchantement de l'Âme
Refaire les Gestes
Redire les Mots
Jusqu'au Frisson
Ne rien Oublier
Ne rien regretter
Retrouver la Passion
Revivre la Folie
Une Fois
Juste une Fois...

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par Mys le
samedi 10 mars 2012 11:37
Premier sourire du printemps
Tandis qu'à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.
Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.
La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.
Tout en composant des solfèges,
Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.
Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet.
Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d'avril tournant la tête,
Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "
Théophile Gautier
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par Mys le
mardi 7 février 2012 12:50
Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume...
Charles Baudelaire -La cloche fêlée-

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par Mys le
mercredi 9 novembre 2011 14:05
. .. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai rien oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi...
Jacques Prévert
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par Mys le
jeudi 19 mai 2011 16:09
La rose-thé
La plus délicate des roses
Est, à coup sûr, la rose-thé
Son bouton à peine est teinté.
On dirait une rose blanche
Qu'aurait fait rougir de pudeur
En la lutinant sur la branche
Un papillon trop plein d'ardeur.
Son tissu rose et diaphane
De la chair a le velouté ;
Auprès, tout incarnat se fane
Ou prend de la vulgarité.
Comme un teint aristocratique
Noircit les fronts bruns de soleil,
De ses sœurs elle rend rustique
Le coloris chaud et vermeil.
Mais, si votre main qui s'en joue,
A quelque bal, pour son parfum,
La rapproche de votre joue,
Son frais éclat devient commun.
Il n'est pas de rose assez tendre
Sur la palette du printemps,
Madame, pour oser prétendre
Lutter contre vos dix-sept ans.
la peau vaut mieux que le pétale,
Et le sang pur d'un noble cœur
Qui sur la jeunesse s'étale,
De tous les roses est vainqueur !
Théophile Gautier
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par Mys le
vendredi 13 mai 2011 18:08
Le Papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur ;
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur ;
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles ;
Voilà du papillon le destin enchanté :
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté.
Alphonse de Lamartine -Méditations-
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par Mys le
mercredi 11 mai 2011 10:18
Tous les êtres ne font que rêver de bonheur dans ce monde fugitif.
Parole de Bouddha
Extrait "emprunté" à l'ouvrage -Une saison au Japon- de Sandrine Bailly.
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par Mys le
lundi 28 mars 2011 09:51
Saisir l'instant
Saisir l'instant tel une fleur
Qu'on insère entre deux feuillets
Et rien n'existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l'instant
Saisir l'instant. S'y réfugier.
Et s'en repaître. En rêver.
A cette épave m'accrocher.
Le mettre à l'éternel présent.
Saisir l'instant
Saisir l'instant construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste c'est complément.
S'en nourrir inlassablement.
Saisir l'instant
Saisir l'instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s'imprégner
Et de ses couleurs se gaver.
Ah! Comme riche j'étais!
Saisir l'instant
Saisir l'instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je... ?
Esther Granek -Je cours après mon ombre-
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par Mys le
dimanche 20 mars 2011 16:12
Ces deux petits ouvrages sont ma petite participation à l'exposition qui s'est tenue à Chateauneuf de Grasse dans le cadre du Printemps des poètes et de la Semaine de la Langue Française.
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par Mys le
mardi 15 mars 2011 16:04
" Aurais-je pu imaginer
mon corps comme un bois mort
demeurer en ce monde ?
Des fleurs qui étaient épanouies je ne perçois plus la trace."
Zeami
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par Mys le
vendredi 7 janvier 2011 17:54
Saison de froid, de neige, de givre et de glace ; saison de frimas mais de fêtes aussi...
Blanc est son costume, blanche est sa beauté.
La nature en sommeil, figée, immobile se prépare par ce repos à sa renaissance.
C'est la période idéale pour observer les oiseaux, quelques boules de graisse suspendues aux branches des arbres dépouillés et mésanges, rouge-gorges, moineaux se régalent, tout ce petit monde partage les graines comme pour un goûter...
Il a neigé
Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.
Le toit, les ornements de fer et la margelle
Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc
Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.
Le grésil a figé la nature, et les branches
Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches.
Mais regardez. Voici le coucher de soleil.
A l'occident plus clair court un sillon vermeil,
Sa soudaine lueur féérique nous arrose,
Et les arbres d'hiver semblent de corail rose.
François Coppée - Promenades et intérieurs-
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par Mys le
vendredi 3 décembre 2010 20:02
"Quand les paons s'ébrouaient et gonflaient leur plumage, chaque plume de leur épais manteau se dressait, laissant voir dans l'épaisseur de l'éclatant plumage vert de leur cou une couche plus profonde, brun foncé. Leur dos était tacheté de brun terne, et l'on retrouvait cette même couleur, très nette sur leurs flancs. Mais l'éclat vert de leur large gorge répandait constamment autour d'eux d'éblouissantes nappes de lumière émeraude.(...) Les longues plumes de leur queue étaient couvertes d'ocelles semblables à des coquillages gris ou bruns : on eût dit un faisceau d'algues marines qui auraient entraîné une multitude de coquillages. Corps souples et pleins. Ordonnance sans faille de plumes confluant vers la queue."
Mishima Yukio
Extrait "emprunté" à l'ouvrage -Une saison au Japon- de Sandrine Bailly et merci à Cristelle pour la photo...
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par Mys le
mercredi 24 novembre 2010 16:47
J'ai découvert ce texte sur le blog d'Annie Penin, écrit par Ida Baccini (1850-1911) écrivaine pour enfants, il est extrait de l'ouvrage de Rafaella Serena "L'art du petit point".
Je suis la mince aiguille aux reflets azurés, à la pointe effilée au chas doré...
je vais, viens,tourne,cours sur les toiles, les soies luisantes, sur les dentelles vaporeuses, sur les douces laines.
A mon glissement rapide et lumineux, la mère de famille sourit, la jeune fille songe, la vieille se rappelle ou prie.
Ô pures lames de Tolède, ô épées scintillantes, je suis, comme vous, faite de l'acier le plus clair ; comme vous je suis polie, comme vous trempée et je laisse une blessure partout où je passe.
Mais à la différence de vous, instruments de mort, je suis source de vie.
Je fais éclore sur les velours, sur les brocards et sur les linons, les fleurs capricieuses à qui seul manque le parfum ; je fais étinceler d'or et de perles les manteaux des reines, les habits sacrés des prêtres, les voiles précieux des vierges. Grâce à moi, la pauvre femme du peuple s'habille et habille ses enfants, elle travaille et gagne son argent.
Je suis la poésie, le réconfort, la noblesse et l'amour. Je suis l'aiguille azurée, mince, au chas doré.
Je suis l'aiguille qui coudra ton habit blanc d'épousée,
ô jeune lectrice qui chantes ma chanson
Ida Baccini
C'est un bel hommage à celles sans qui nos ouvrages ne verraient jamais le jour, à celles qui s'émoussent d'avoir trop été utilisées, à celles qui se perdent, se cachent ou parfois "se vengent", à celles tout simplement qui accompagnent patiemment nos vies de Brodeuses...
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par Mys le
jeudi 18 novembre 2010 08:38
Pourquoi cherches-tu l'impossible
en voulant à tout prix
connaître d'avance
ce que la vie nous réserve à toi et à moi ?
Quoi qu'il puisse nous arriver,
la sagesse n'est-elle pas
de nous soumettre chacun à notre sort ?
Que la vie te réserve encore bien des
hivers ou,
au contraire,
que tu sois en train d'en vivre le dernier
- celui-là même qui, en ce moment,
éreinte les vagues de la mer
à l'assaut des rochers -
crois moi,
ne change rien à tes occupations
et, dans un cas comme dans l'autre,
n'escompte jamais vivre plus loin
que le jour où nous sommes.
Déjà, tandis que nous parlons,
le temps impitoyable a fui.
C'est aujourd'hui qu'il faut vivre.
Car demain reste pour toi
ce qu'il y a de moins sûr.
Horace, Odes, I, XI
Le grenier de Bibiane
-traduction et adaptation moderne de Gilles Simard-
Ça a l'air facile dit comme ça, ne pas penser à demain, juste profiter pleinement du jour qui vient ; pour moi, même si je me le disais tous les matins en me levant rien ne changerait, c'est impossible, j'ai parfois l'impression que mes pensées "galopent" plus vite que ma volonté, c'est épuisant mais c'est ainsi...
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par Mys le
jeudi 11 novembre 2010 17:34

" Le temps est encore tiède, la lumière encore claire : mais les lotus, déjà touchés par le froid des matins, penchent sur l'eau leurs feuilles jaunies. La mélancolie de novembre s'ajoute à celle de toute cette antiquité morte qu'on sent autour de soi tombée sous l'herbe et la mousse. "
Pierre Loti
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par Mys le
dimanche 26 septembre 2010 20:00
" Ça et là, sur les pentes gazonnées, il y a des touffes de bambous argentés qui sont des verdures presque blanches ; des érables rouges qui semblent des arbres en corail, et je ne sais quelles broussailles dont le feuillage est d'un violet de scabieuse... Il y a un calme particulier dans ces jardins d'ordinaire impénétrables, un silence à part, une mélancolie suprême augmentée aujourd'hui par ce déclin d'automne. "
Pierre Loti
Extrait "emprunté" à l'ouvrage -Une saison au Japon- de Sandrine Bailly.
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par Mys le
jeudi 23 septembre 2010 15:24
On ne le croirait pas grâce à la chaleur du temps mais aujourd'hui c'est l'automne, ce temps de l'équinoxe avec son équilibre entre le jour et la nuit, cette saison intermédiaire pleine d'attraits.
Feu d'artifice de couleurs fauves et chaudes, les arbres vont se parer tout doucement de flamboyance, la lumière se fait différente, le soleil devient rasant...
Les fruits de l'automne déjà là poursuivent leur maturation, les coings font ployer les branches ; gelée et pâte de coings au programme ; les grappes de raisin muscat vont devenir dorées, les noix et les noisettes sont là aussi...
L'automne, c'est aussi ce moment de l'année qui "distille" son atmosphère mélancolique ; journées plus courtes, premières brumes, lumière moins vive, premiers jours pluvieux et froids...
Et même si pour le moment c'est juste une date sur le calendrier, il va bien falloir s'y faire l'été va s'éloigner...
Matin d'octobre
C'est l'heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain ;
A travers la brume matinale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard, en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre
L'érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n'est pas l'hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et dans l'air tout rose,
On croirait qu'il neige de l'or.
- François Coppée - Le cahier rouge
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